Le jour ou deux boxeurs se mirent KO - par Lionel Herbet

06/12/2013 13:22 par infosboxe

"Jusqu\'au bout de la folie"- "Quand la réalité en boxe dépasse la fiction". Jean-Michel ROUET, l\'excellent journaliste de l'EQUIPE, assiste le 21 octobre 1986, dans le stade de football à Monaco, à un combat dont aujourd\'hui encore, il doit se souvenir. Il s\'agit du Championnat du Monde des Lourds-Légers I.B.F. Ce combat oppose l\'Américain Roy MURPHY au Zambien Ghisanda MUTTI.



Les deux hommes ont tout donné sur le ring et sont allés jusqu\'à la limite de leurs possibilités physiques.
Nous sommes au 12e round de ce combat prévu en quinze. Devant le micro de Canal-Plus, Louis ACARIES qui s\'est reconverti en consultant, après avoir stoppé sa carrière, lâche cette phrase : \"On se dirige vers une fin dramatique". Il ne pense pas si bien dire. A un moment, chaque boxeur balance, dans un dernier sursaut, sa droite à la machoire de son adversaire. Stupeur alors dans le public: les deux boxeurs s'écroulent. Ils sont quasiment comptés 10 par l\'arbitre mais dans un ultime réflexe, au tout dernier moment, l\'AméricainLee Roy MURPHY  parvient à se relever. Il est chancelant mais debout tandis que l\'arbitre égrène les fatidiques dix secondes qui signifient que le Zambien est battu par ko. MURPHY conserve son titre mondial tandis que Jean-Michel ROUET emploie les mots suivants: DANTESQUE- HALLUCINANT. Le journaliste est abasourdi devant un tel courage et surtout une telle issue dramatique. Seule la boxe peut nous offrir un tel scénario.  D'autant qu\'avant ce dénouement exceptionnel, le combat avait été extraordinaire d\'intensité et d\'engagement physique et le Zambien avait dominé dans l\'ensemble le tenant du titre américain mais il était, hélas, dépourvu du punch qui est l'arme essentielle en boxe. Dans le stade Louis 11, on ne compte qu\'à peine trois cents spectateurs (une misère). Heureusement, le combat est retransmis en direct en France et en Italie. Jean-Michel ROUET affirmait qu\'il s\'agissait peut-être d\'un des combats les plus cruels du siècle et se demandait si les deux hommes allaient se remettre d\'un tel affrontement. Dans le journal du lendemain, on voit cette photo incroyable: les deux boxeurs sont au tapis alors que l\'arbitre commence à compter. Incroyable et pourtant vrai. Un peu plus tard à Berck sur Mer, nous aurons l\'occasion d\'assister à un combat aussi sanglant entre l\'Américain TRICE et le Jamaïcain BROWN. Nous en reparlerons.

Lionel HERBET

LE BOXEUR, UN HOMME SEUL - par Lionel Herbet

06/12/2013 12:30 par infosboxe

Dans ce sport terriblement exigeant, il faut bien faire la différence entre, d’une part les boxeurs qui sont des êtres infiniment respectables et tout ce qui gravite autour d’eux. Soit les managers, professeurs, amis, organisateurs,  dirigeants de comité ou de fédération.



Tout ce petit monde cohabite mais en général, le Boxeur est un homme seul, sûrement le plus exposé . D’abord, c’est quand même lui qui monte sur le ring, donne et encaisse les coups. C’est incontestablement, le boxeur qui a la tâche la plus difficile, la plus périlleuse.

Nous avons deux exemples de boxeur qui illustrent parfaitement ce qui est écrit plus haut. Deux excellents champions qui ont boxé à plus de trente ans d’intervalle. Tous  deux évoquent leur  solitude  surtout dans les moments délicats de leur carrière.

Ainsi, Stéphane FERRARA aujourd’hui âgé de 55 ans, vient d’écrire un livre sur sa carrière « Je crèverai Boxeur ».

Quel beau titre ! La boxe, quand on l’a pratiquée, vous colle à la peau. Il faut voir ces anciens boxeurs qui, bien des années après avoir raccroché, miment des combats et boxent dans le vide afin de se rappeler leur jeunesse.

Stéphane FERRARA a été un champion mais un jour, il fut battu dans une décision contestée par un certain Louis ACARIES dans le  Championnat d’Europe des moyens.

Pour lui, la Boxe répondait à des règles bien précises : le respect, la solidarité. Heureusement, Stéphane FERRARA a su immédiatement se reconvertir et passer de la boxe au cinéma. Les deux ont souvent fait bon ménage et il faut reconnaître que le boxeur est devenu bon acteur. Mais jamais, FERRARA n’a renié la Boxe dont il répète « qu’elle est plus honnête que le cinéma » . Il a des mots durs mais justes « Même une marionnette peut réussir en cinéma. Mais en boxe, l’addition elle arrive tout  de suite ».

Il poursuit «  Les boxeurs ce sont des enfants. Ils passent leur vie en culottes courtes. Souvent, ils sont naïfs et se font avoir. J’ai vu des gars boxer pour un diabolo-menthe ».

Sans le cinéma, nul doute que Stéphane FERRARA se serait retrouvé bien seul. Son ascension sociale, il ne la doit qu’à lui-même et un peu la chance avec cette rencontre avec Jean Paul BELMONDO.  

L’autre exemple concerne Alexis VASTINE.

Vous savez, c’est notre boxeur qui s’est fait arnaquer à Londres lors des Jeux Olympiques. Victime d’une mauvaise décision arbitrale, VASTINE a vu s’arrêter prématurément le tournoi olympique. Il a eu beau tempêter, crier au voleur, rien n’a fait changer les officiels mondiaux. Et depuis son retour de Londres, VASTINE a pu compter les appels téléphoniques et les soutiens. La Fédération française est aux abonnés absents. VASTINE s’est retrouvé bien seul alors qu’il méritait le réconfort.

Lionel HERBET

Jérémy STRAVIUS a du respect pour les boxeurs

05/12/2013 17:41 par infosboxe

Avec ses équipiers du club de natation Amiens-Métropole, le champion olympique et champion du monde Jérémy STRAVIUS a assisté à la réunion organisée l'autre samedi au Coliseum par l'Amiénois Boxing Club.



Visiblement, jérémy a aimé ce sport et il a suivi avec beaucoup d'intérêt les différents combats, notamment celui qui a vu le protégé de Jérôme FOUACHE Thomas HAMIDI s'imposer aux points face au Marseillais AMEUR.

"Pour moi, c'était une première. J'ai bien aimé le combat professionnel. Maintenant, si on veut comparer nos deux sports, il n'y a pas de contact en natation. En boxe on voit son adversaire et on voit s'il est fatigué. En natation, on a tendance à combattre en aveugle. On fait la course en solo et c'est un peu un combat contre soi-même. C'est une stratégie évidemment différente. Mais les deux sports offrent sensiblement les mêmes caractéristiques: on se bat jusqu'au bout, jusqu'à la dernière seconde et on ne lâche rien. Dans les deux sports, il y a beaucoup de pression sur les têtes."

Non seulement Jérémy STRAVIUS se passionne pour la boxe mais figurez-vous qu'il a décidé de la pratiquer et de se rendre dans une salle de boxe.

"Il m'est en effet arrivé de faire une séance de boxe une fois par semaine. J'avais mis le casque et les gants et nous avons fait un petit combat entre nous. Je puis vous dire que c'est très, très fatiguant. On a fait trois fois deux minutes et nous étions vidés. La boxe, c'est beaucoup de sacrifies. Franchement c'est remarquable ce qu'ils font et j'ai une certaine admiration pour les boxeurs".

Lionel HERBET
 

 

Pour Frédéric GRENON, la boxe ressemble à la danse

05/12/2013 17:27 par infosboxe

« Prendre des coups, ce n’est pas une nourriture ».
Cette maxime est de Frédéric GRENON, ancien boxeur professionnel (33 combats) et qui a décidé d’apprendre la gestuelle de la boxe à la gente féminine.
Dans la salle de la Veillère, à Amiens, à raison de quatre séances par semaine, Frédéric a décidé de répéter tous les gestes du noble art mais sans porter effectivement les coups.
C’est ce qu’on peut assimiler au shadow, la boxe contre son ombre. Le public féminin a réagi favorablement et actuellement, elles sont exactement 74 licenciées au club présidé justement par une femme, Vanessa FOUACHE la fille de Jérôme.
Frédéric GRENON qui reconnait que la boxe l’a canalisé, est heureux d’apprendre les rudiments de ce sport à des femmes âgées de 17 à 50 ans.
« Nous travaillons tous les muscles du corps, en musique. Les gestes sont rythmés. C’est une vraie chorégraphie » souligne Frédéric GRENON.
Les entraînements sont toujours précédés d’un échauffement et lors des réunions officielles, les pratiquantes de l‘Aéroboxe montent sur le ring comme les boxeurs.
Frédéric GRENON reconnait qu’il ne pourrait pas se passer de la boxe qui est chez lui, une vraie drogue.
Ainsi, avant d’entrainer les femmes, il donne un coup de main à Jérôme FOUACHE et entraine les jeunes amateurs du club. Il enseigne surtout l‘art de donner des coups sans en recevoir, la vraie noblesse de la Boxe.

Les entrainements de l’Aéroboxe à la Veillère :
Lundi : 19 à 21 heures
Mercredi : 20 à 22 heures
Jeudi : 20h30 à 22h30
Samedi : 10h- 12h30.

Lionel HERBET